La rééducation des mutilés

En raison de leurs blessures, un nombre important d’hommes ne pouvaient être reconduits sur le front. Ils nécessitaient des soins continus après leur opération et ce parfois pendant plusieurs années. Des centres spécialisés dans la rééducation des blessés furent alors mis en place dans les zones de l’intérieur.

À partir de l’été 1916, l’Hôpital complémentaire 49 de Montpellier hébergea les centres de physiothérapie et d’orthopédie destinés à la rééducation et à l’appareillage des amputés et des mutilés. Différentes méthodes (massages, hydrothérapie, mécanothérapie ou encore pratique sportive) furent utilisées pour leur rééducation fonctionnelle.

Les amputés et mutilés étaient dirigés vers le centre d’appareillage, où ils recevaient une prothèse temporaire dans l’attente de leur prothèse définitive. Cette dernière leur était allouée gratuitement et l’État s’engageait à la réparer ou à la remplacer gratuitement durant toute la vie du blessé.

Enfin, la réinsertion professionnelle fut un moyen important pour que ces soldats puissent retrouver un statut social après le conflit. Des écoles de rééducation professionnelle furent crées dans les centres d’orthopédie. Ces centres demeurèrent en activité longtemps après la fin de la guerre, en raison des longs mois nécessaires à la rééducation des blessés.

Cultivateur, amputé du bras


Extrait de BRIEUX., Georges BROUARDEL, Jacques BERTILLON, Maurice BOUCHOR, Joseph MAUNOURY et al., Science et dévouement : le service de santé, la Croix-Rouge, les oeuvres de solidarité, Paris : Aristide Quillet, 1917.
© Tous droits réservés

Aucun blessé n'était dirigé vers un centre d'appareillage sans passer par une commission régionale composée du chef de secteur chirurgical, du chef du centre de physiothérapie, du chef du centre neurologique et du chef du centre d'appareillage. Cette commission décidait si le blessé était appareillable. S'il l'était, il était dirigé vers le centre, une fois ses lésions cicatrisées. Il allait alors poursuivre sa rééducation fonctionnelle, commencer sa rééducation professionnelle et recevoir les prothèses adaptées.

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Cultivateur, amputé des deux avant-bras


Extrait de BRIEUX., Georges BROUARDEL, Jacques BERTILLON, Maurice BOUCHOR, Joseph MAUNOURY et al., Science et dévouement : le service de santé, la Croix-Rouge, les oeuvres de solidarité, Paris : Aristide Quillet, 1917.
© Tous droits réservés

Le mutilé était laissé libre de choisir la prothèse qu'il désirait en tenant compte toutefois des conseils du chef du centre appareillage. Ce dernier basait son choix sur les apports de l'appareil d'un point de vue professionnel et social.

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La salle d'appareillage de l'hôpital 49

Musée du service de santé du Val de Grâce, Paris

Extrait de Hôpital complémentaire n°49, Centre de physicothérapie, centre d'appareillage et de rééducation, ateliers de prothèse de la 16ème région, Historique de l'hôpital n°49, son fonctionnement, Montpellier, sd
© Musée du service de santé du Val de Grâce, Paris

L'hôpital 49 de Montpellier était centre de physicothérapie et centre d'appareillage et de rééducation.

Les ateliers de rééducation

BIU Montpellier, BU Médecine

Extrait du journal l'Excelsior du 24 janvier 1916
Archives Jeanbrau, boîte 17
© BIU Montpellier

A Montpellier, une école de rééducation des mutilés a été créée afin d'accueillir les soldats ayant été cruellement atteints sur le champ de bataille. Ils y retrouvaient l'usage de leurs membres mécaniquement reconstitués.

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Revue Le trait d'union

BIU Montpellier, BU Médecine

Bulletin de l'Union des anciens élèves de l’École professionnelle des blessés de la XVIème région, n°2 avril 1918
Archives Jeanbrau, boîte 17
© BIU Montpellier

L'article intitulé "Au travail !!" a incité les blessés de guerre ne pouvant plus exercer leur emploi à venir apprendre un nouveau métier à l’École professionnelle créée afin d'assurer, à la fois, la rééducation et la reconversion professionnelle des mutilés.
Les arguments étaient simples : il n'y a pas d'âge pour apprendre un nouveau métier et surtout l’État s'engage à continuer à verser des allocations aux familles pendant toute la durée de la formation.

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Tourneur sur bois, amputé de l'avant-bras


Extrait de BRIEUX., Georges BROUARDEL, Jacques BERTILLON, Maurice BOUCHOR, Joseph MAUNOURY et al., Science et dévouement : le service de santé, la Croix-Rouge, les oeuvres de solidarité, Paris : Aristide Quillet, 1917.
© Tous droits réservés

L’École professionnelle des blessés de la XVIème région (Montpellier) permettait aux mutilés de guerre d'apprendre et de se perfectionner dans un métier compatible avec leur handicap. De nombreux métiers manuels y étaient enseignés comme celui de tourneur sur bois.

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La rééducation des mutilés de la guerre

Université de Montpellier

Edmond DRONSART, La rééducation des mutilés de la guerre, "La revue méridionale des idées", Montpellier, novembre 1916.
Archives de l'UFR de Médecine, 1 MED 128
© UM

La carrière d'Edmond Dronsart commença en 1911 en tant que secrétaire du Conseil de Perfectionnement de l'Enseignement Technique du Hainaut (Belgique). De 1915 à 1921, il travailla pour le gouvernement français à l'Institut de Rééducation Professionnelle des Mutilés de la Guerre et comme directeur du Centre de Rééducation et d'Appareillage du Service de Santé à Montpellier.