Le réseau d’évacuation des blessés

Relevant d’une direction centrale au Ministère de la Guerre, le Service de santé des armées (SSA) se mobilise dès août 1914 pour assurer et organiser la prise en charge des blessés.

Les étudiants en Médecine ayant effectué une année de service militaire et ayant un nombre suffisant d’inscriptions (12 sur 16 en 1914, abaissé à 8 sur 16 en 1915) sont mobilisés en tant que médecins auxiliaires. Les enseignants de la Faculté le sont au même grade ou, par la suite, à celui de médecin aide-major de 2e ou de 1ère classe.

La doctrine de l’époque prévoit un conflit court et une majorité de blessures par balles, dont on pense qu’elles seront légères et peu infectées. L’organisation mise en place, conjuguée à la nature nouvelle du conflit, ont des conséquences catastrophiques. Le nombre des blessés et la gravité des blessures dépassent toutes les prévisions. Les blessés, le plus souvent infectés, arrivent avec retard dans la zone dite de l’intérieur, après plusieurs jours de voyage. Pendant toute la durée de la guerre, le Service de santé des armées doit s’adapter en permanence aux conditions du conflit, ce qui contribue également à faire évoluer les techniques de soins.

Schéma d'évacuation des blessés au début de la guerre

Extrait de Marc MORILLON, Jean-François FALABREGUES, Le Service de santé 1914-1918, Bernard Giovanangeli Editeur, 2014. p.66
© Marc Morillon

Au début du conflit, la chaine de relevage et d'évacuation des blessés prévoyait le minimum de soins à l'avant au profit d'une évacuation rapide vers les zones de l'intérieur. Cette organisation s'avéra rapidement inadaptée à la réalité du conflit, les blessés en nombre attendant parfois pendant plusieurs jours les soins dont ils avaient besoin.

Cliquez sur l'image pour zoomer

Nouveau plan d'évacuation des blessés

Extrait de Marc MORILLON, Jean-François FALABREGUES, Le Service de santé 1914-1918, Bernard Giovanangeli Editeur, 2014. p.116
© Marc Morillon

À partir de 1915, le service de santé mit en place une nouvelle organisation d'évacuation des blessés. Celle-ci prévoyait de traiter les blessés plus rapidement dans des centres spécialisés. Des dépôts d'éclopés destinés aux blessés légers étaient installés au sein de la zone des armées afin de pouvoir renvoyer les hommes guéris le plus rapidement possible sur le front.

Cliquez sur l'image pour zoomer

Portrait d'Henri BERTRAND

Collection particulière
S. Guyot

Photographie
© Tous droits réservés

Porté au bras gauche, le brassard de neutralité, instauré en 1863, représente une croix rouge sur fond blanc. La convention de Genève du 22 août 1864 pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne (Genève, 22 août 1864, article 1) stipule qu' "Un drapeau distinctif et uniforme sera adopté pour les hôpitaux, les ambulances et les évacuations. Il devra être, en toute circonstance, accompagné du drapeau national. Un brassard sera également admis pour le personnel neutralisé, mais la délivrance en sera laissée à l'autorité militaire. Le drapeau et le brassard porteront croix rouge sur fond blanc." Henri Bertrand (1882-1916), médecin aide-major de 1ère classe au 111ème régiment d'infanterie, fut tué le 22 mars 1916 à Dombasle (Argonne).

Cliquez sur l'image pour zoomer

Le service de santé du 23ème bataillon
de chasseurs à pied

Collection particulière
Famille Giraud

Photographie, mai 1915
© Tous droits réservés

Sur le col de plusieurs hommes est indiqué le numéro de leur bataillon.

Cliquez sur l'image pour zoomer

Gaston Giraud en tenue de médecin auxiliaire

Collection particulière
Famille Giraud

Photographie, janvier 1915
© Tous droits réservés

Lors de sa mobilisation, Gaston Giraud était Interne des hôpitaux de 3ème année. N'étant pas encore docteur en médecine, il fut mobilisé comme médecin auxiliaire au 23eme bataillon de chasseurs à pieds.

Cliquez sur l'image pour zoomer

Gaston Giraud en tenue de médecin aide-major

Collection particulière
Famille Giraud

Photographie, novembre 1915
© Tous droits réservés

Gaston Giraud en tenue de médecin aide-major, grade supérieur à celui de médecin-auxiliaire.

Cliquez sur l'image pour zoomer